2010L’ARGENTINE fête son indépendance, aux cotés du CHILI, du MEXIQUE et de la COLOMBIE.

En 1808, les troupes de Napoléon 1er occupent l’Espagne et la dynastie légitime des Bourbons est renversée cependant que se soulève le peuple espagnol.


À Buenos Aires, les élites créoles, qui ont pris conscience de leur capacité militaire en luttant précédemment contre les Anglais, organisent méthodiquement leur prise du pouvoir et balaient la vice-royauté espagnole.

Leur «junte» est installée en l’espace d’une semaine, du 18 au 25 mai 1810. Il n’est pas encore question d’indépendance. Celle-ci sera proclamée six ans plus tard, le 9 juillet 1816, par la déclaration de l’Assemblée de Tucuman.

Si vous souhaitez une chronologie détaillée de l’histoire argentine depuis plus de deux cents ans, voyez le dossier Histoire argentine, dans la colonne des liens à droite de cet article.

 


1. LES SYMBOLES NATIONAUX ARGENTINS

Le Drapeau National
Bleu ciel (céleste), blanc, bleu ciel, en trois franges horizontales et égales avec un soleil en or sur la partie centrale de la frange blanche. Ce soleil a 32 rayons, alternativement droits et flamboyants.

drapeau

Les Armoiries
Pas de devise mais chaque élément est porteur de sens :

Le bonnet phrygien signifie Liberté et Egalité, les deux mains serrées sont symbole de Fraternité.

Les rameaux de laurier de part et d’autre symbolisent la gloire et la victoire.

Le soleil symbolise la nation naissante, la gloire, la splendeur, la prospérité.
escudoLa Cocarde

Ruban avec les couleurs du pays évoquant la nationalité argentine.
escarapela

L’Hymne National
Texte de Vicente López y Planes. Musique de Blas Parera. Il fut composé en 1813 et approuvé à cette date par le Gouvernement de Buenos Aires.

                     

2. LE LOGO DU BICENTENAIRE ARGENTIN

logo-bicentenaire

Le bleu, pour la justice, le zèle, la vérité, la loyauté, la charité, la fraternité.

L’argent, pour la pureté, l’intégrité, l’obéissance, la persévérance, la vigilance et l’éloquence.

L’or du soleil levant sur les Malouines, pour la noblesse, la magnanimité, la richesse, le pouvoir, la lumière, la constance et la sagesse.

Le noir, pour la prudence, la tristesse, la rigueur, l’honnêteté, l’obéissance. 

Deux étoiles blanches, qui chacune symbolisent un siècle de liberté.

Le ruban flottant au pied de l’écusson représente l’espérance dans l’union nationale.

L’ancien écusson de la confédération argentine, en position centrale au dessus des dates, symbolise le fédéralisme à l’oeuvre dans les célébrations du bicentenaire.

3. UNE MANIFESTATION DU BICENTENAIRE
 

regate-bicentenaireVELAS SUDAMERICA 2010 – REGATES DES GRANDS VOILIERS

Cette régate, qui rallie les différents Etats indépendants d’Amérique du Sud, célèbre le bicentenaire de l’indépendance des anciennes colonies rattachées aux vice-royautés d’Espagne. Les navires école de la Marine argentine, comme le “Libertad”, de la Marine chilienne avec “l’Esmeralda” ou encore le “Simon Bolivar” vénézuélien, ainsi que brigantins, frégates, corvettes et goélettes, seront présents sur tout le parcours.

Organisée conjointement par les flottes argentines et chiliennes, cette manifestation autour du continent sud américain réunit des bâtiments civils et militaires en provenance d’Amérique et d’Europe pour 5 mois-136 jours de traversée dans les eaux Pacifique et Atlantique de l’Amérique du sud et des Caraïbes.

Les festivités ont demarré à Rio de Janeiro, Brésil, le 2 février 2010. Aujourd’hui, les cathédrales des mers sont ancrées dans la capitale portègne, Buenos-Aires, qui prépare un grand show nocturne sur Puerto Madero, et de belles  illuminations de la “Puente de la Mujer” ou « Pointe de la femme », le tout à l’occasion de la journée internationale de la femme.

Voici  les escales de cette belle manifestation, dans une vidéo promotionnelle de l’évènement. Le document est très bien fait, avec de magnifiques voiliers, de superbes photos de matelots en action et des clichés de chacun des ports étapes où les cathédrales des mers ancreront pour quelques jours à terre et de nombreuses festivités. Profitez pour rêver !

 

Les étapes de la régate ont été choisies en fonction de leur importance historique lors de la période coloniale avant l’indépendance. Durant celles-ci, les Grand Voiliers seront accessibles au public.

Etape 1 : Punta Arenas – Talcahuano (Chili)
De la Terre de Feu et le célèbre détroit de Magellan et la Patagonie chilienne jusqu’au port de Talcahuano.

Etape 2 : Talcahuano – Archipel de Robinson Crusoé – Valparaiso.
L’archipel de Juan Fernandez, repère de pirates restant longtemps inhabité.

Etape 3 : Valparaiso – Callao (Pérou)
Valparaiso fut l’ancienne place forte espagnole, Callao, le port de la vice-royauté du Pérou où était embarqué l’argent extrait des mines du Potosi.

Etape 4 : Callao – Guayaquil (Equateur)
Les Espagnols avaient établi leur chantier naval au port de Guayaquil, où venaient rafraîchir les navires de l’Armadilla.

Etape 5 : Guayaquil – canal de Panama – Carthagène (Colombie)
Le canal a été ouvert en 1914. Avant sa perçée, toutes les marchandises à destination du Pérou et du Chili étaient transportées à dos de mulet.

Etape 6 : Carthagène – la Gueira (Venezuela)
Carthagène, ancienne place forte où les galions partis de Séville et Cadix venaient décharger les marchandises avant de les vendre sur les foires de Carthagène et de Porto Bello.

Etape 7 : La Gueira – Santo Domingo (République Dominicaine).
Repères de flibustiers, nous naviguons en mer des Caraïbes.

Etape 8 : Santo Domingo – Veracruz (Mexique).
Vera Cruz, fondé par Herman Cortès, était le port de départ des cargaisons d’argent vers l’Espagne.

 

Super fan ? Suivez la course par satellite sur VIRTUAL RACE MONITOR : http://www.hmh.com.ar/vrm/vrs/

3.1 La frégate argentine « Libertad »

fregate-argentine
La flotte argentine est représentée par le navire Libertad ci-dessus, neuvième du nom, qui le 19 janvier dernier accueillait l’ambassadeur de France Jean-Pierre Asvazadourian.  Le trois-mâts carré[1] Libertad est le navire-école de la marine argentine. Lancée en 1956 fragata ARA Libertad a remplacé en 1962 la frégate Presidente Sarmiento, qui est aujourd’hui le navire-musée de Buenos-Aires visible sur le quai N°3 de Puerto Madero.


Avec ses 2652 m2 de voilure, 50 mètres de haut et ses 103 mètres de long (en incluant le beaupré), la frégate Libertad compte parmi les plus grands et les plus rapides voiliers de sa catégorie (Tall Ship).

A son actif le record de traversée de l’Atlantique Nord en 1966, en 8 jours et 12 heures, pour lequel elle reçut par 5 reprises le Boston Teapot qui récompense chaque année le voilier dont l’équipage est constitué en majorité de personnel en instruction, et qui parcourt la plus grande distance à  la voile dans un laps de temps de 124 heures.

Ci-dessous, la frégate argentine en janvier 2010 à Buenos-Aires, lors des préparatifs.

  

 


3.2 Le 4 mâts goélette chilien, la perle du Chili, « Esmeralda »

flotte-chilienne

 

Construite en 1955, à Cadix en Espagne, pour payer une dette de cuivre, la Esmeralda fait partie des plus beaux voiliers naviguant sur les océans. Véritable ambassadeur pour tout un pays, ce quatre mâts goélette de 113 mètres de long et 13 mètres de largeur aime faire le tour du monde. Il a participé à l’Armada de Rouen en 1994 et 2003. Cette course constitue son 55ème voyage d’instruction. Son port d’attache est Valparaiso.

 

Sur l’Esmeralda naviguent 320 hommes, dont 20 officiers supérieurs et 70 élèves officiers. En effet, ce bateau est également une école flottante sur laquelle les futurs officiers de la marine Chilienne viennent ponctuer leur formation après 5 années d’école navale.

 

La vie à bord est réglée comme du papier à musique et tout le monde participe au bon fonctionnement du navire. De 6 heures du matin à 7 heures du soir, les manœuvres et les cours se suivent, entrecoupés par les repas et quelques rares moments de détente. Pour faire avancer ce monstre d’acier et ses 2.900 m2 de voiles il faut une discipline de fer et toutes les manœuvres se font aux ordres du sifflet. Un son pour un ordre et un groupe pour une voile, le tout sous les yeux du commandant, on ne plaisante pas, c’est l’image du Chili qui est véhiculée dans chaque manœuvre.

 

 
 

navire-chilienProcession des grands voiliers..
 

En prime, pour les nostalgiques des grands mâts, un diaporama qui demande un peu de patience.

http://www.ambassadeargentine.net/seccioncultural.html

Site officiel du bicentenaire : http://www.bicentenario.argentina.ar/

Héraldique : http://walterovanmeegroot.com.ar/2-Argentina2.htm

http://www.ara.mil.ar/fragata09/
http://www.gngl.com/voyage/perou/mexique/equateur/republiquedominicaine/colombie/chili/regate-des-grands-voiliers-a-bord-de-xplore_4778_2_r.aspx

http://normandie-zoom.com/grands-voiliers/en-mer/esmeralda/index.php

http://www.flickr.com/photos/armadadechile/4397605461/in/photostream/

http://www.armada.cl/prontus_armada/site/artic/20091229/pags/20091229162959.html
http://www.latitud-argentina.com/blog/argentine-2010-bicentenaire-independance/


 

 

[1] Un trois-mâts carré (ou trois-mâts franc) est un navire à voile de trois-mâts dont tous les mâts sont gréés en voiles carrées. On dit aussi que ce type de voilier porte des phares carrés c’est-à-dire plusieurs étages de voiles carrées (cinq le plus souvent) sur ses trois-mâts, une solution apparue avec l’augmentation de la taille des navires (et consécutivement de leurs mâts) afin que les voiles restent cargables (repliables) par un nombre acceptable de marins. Toutes les voiles sont enverguées et leur vergue est horizontale, retenue par le milieu (voile carrée). Le mât d’artimon à l’arrière conserve en plus une brigantine à corne.

     Historiquement, on trouve des trois-mâts carrés notamment parmi les flûtes, les galions, les frégates, puis les clippers. Les trois-mâts carrés furent de grands bâtiments marchands, navires de guerre (corvette à vaisseaux de ligne) et des cap-horniers. À leur âge d’or, au XIXe siècle, il y avait plus de 2 000 navires de ce type dans la flotte de commerce mondiale et, particulièrement en France, grâce aux voiliers à prime. Comme tous les trois-mâts, à l’ère de la propulsion mécanique, ils n’ont survécu qu’en qualité de voiliers-écoles dans plusieurs Marines étrangères (par exemple : le Libertad, pour l’Argentine ou l’Amerigo Vespucci, pour l’Italie).

     De nos jours, si quelques vieux trois-mâts carré naviguent encore, comme justement c’est le cas du splendide Amerigo Vespucci régulièrement plébiscité par le public lors des rassemblements de vieux gréements, les plus anciens servent de bateaux musée et se visitent, comme le Duchesse Anne et ses sisters ship. Mais une partie de la flotte navigante contemporaine provient aussi de nouveaux bâtiments dont la construction a repris à partir des années dix-neuf-cent-quatre-vingt (mais pas en France), avec notamment la majestueuse lignée du Dar Młodzieży ou des répliques, comme le Grand Turk.